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RE2020 : voici les 5 points importants à connaitre en 2024 en France

RE2020 : voici les 5 points importants à connaitre en 2024 en France
Voici les cinq points techniques les plus importants du guide sur la Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) pour les bâtiments neufs : RESUME.
  1. Performance énergétique et environnementale :
    • La RE2020 introduit des exigences renforcées pour la performance énergétique des bâtiments neufs, en prenant en compte non seulement les consommations d’énergie pour le chauffage, le refroidissement, l’eau chaude sanitaire, la ventilation et l’éclairage, mais aussi les impacts environnementaux liés à ces consommations sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment. Cette réglementation inclut aussi les besoins de mobilité interne (ascenseurs, escalators) et les consommations d’énergie liées aux parkings et aux parties communes.
  2. Indicateurs de performance :
    • La réglementation repose sur plusieurs indicateurs clés :
      • Bbio : Besoins bioclimatiques pour évaluer les besoins énergétiques du bâtiment pour le chauffage, le refroidissement et l’éclairage.
      • Cep : Consommation d’énergie primaire totale.
      • Cep,nr : Consommation d’énergie primaire non renouvelable.
      • Icconstruction : Impact environnemental des matériaux de construction et de l’énergie consommée pendant le chantier.
      • DH : Degré-heure d’inconfort pour mesurer le confort thermique en été.
  3. Évaluation du cycle de vie :
    • La RE2020 introduit l'analyse du cycle de vie (ACV) des bâtiments, ce qui signifie que les impacts environnementaux sont évalués depuis la production des matériaux jusqu’à la fin de vie du bâtiment, incluant l’exploitation, l’entretien, et le traitement des déchets de construction.
  4. Prise en compte du confort d'été :
    • La RE2020 remplace l’indicateur Tic de la RT 2012 par un nouvel indicateur DH, qui prend en compte l'inconfort thermique durant les périodes de canicule. Ce changement reflète une meilleure adaptation aux vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, en anticipant les impacts du changement climatique sur les bâtiments.
  5. Modulation des exigences :
    • Les exigences de la RE2020 sont modulées en fonction de plusieurs paramètres comme la localisation géographique, la taille des logements, la surface totale du bâtiment, et la présence de contraintes extérieures. Ces modulations permettent d’ajuster les exigences de manière à prendre en compte les spécificités de chaque projet, y compris l’utilisation de données par défaut lorsque les informations spécifiques ne sont pas disponibles. Plus en détails ci dessous :

1-Performance Énergétique et Environnementale dans la RE2020

La Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) marque un tournant important dans la manière dont la performance énergétique et environnementale des bâtiments neufs est évaluée en France. En remplaçant la RT2012, la RE2020 élargit les exigences de performance énergétique tout en intégrant de nouvelles considérations environnementales sur l'ensemble du cycle de vie du bâtiment. Voici un développement approfondi de ce premier point crucial.

1.1. Élargissement du Périmètre de la Performance Énergétique

Sous la RT2012, l'évaluation des bâtiments neufs se focalisait principalement sur cinq usages énergétiques essentiels : le chauffage, le refroidissement, la production d'eau chaude sanitaire, la ventilation, et l'éclairage. La RE2020 reprend ces critères mais y ajoute d'autres éléments pour une approche plus complète :
  • Mobilité interne : La consommation d’électricité nécessaire pour les ascenseurs, les escalators, ainsi que l'éclairage et la ventilation des parkings, fait désormais partie intégrante du calcul de la performance énergétique. Cette inclusion est cruciale pour les bâtiments collectifs, où ces systèmes représentent une part non négligeable de la consommation d'énergie.
  • Consommation d'énergie liée aux parkings : L'éclairage et la ventilation des parkings, souvent ignorés dans les évaluations précédentes, sont maintenant pris en compte pour donner une image plus précise des besoins énergétiques d'un bâtiment.

1.2. Approche Intégrée de l'Impact Environnemental

La RE2020 va au-delà de la simple efficacité énergétique en introduisant une évaluation environnementale complète, basée sur l'analyse du cycle de vie (ACV) du bâtiment. Cette méthode prend en compte les impacts environnementaux depuis la production des matériaux jusqu'à la démolition du bâtiment. Elle se concentre particulièrement sur :
  • Les matériaux de construction : Chaque matériau utilisé dans la construction est évalué en termes d'émissions de gaz à effet de serre (GES) qu'il génère, de sa production à sa mise en œuvre. Cette analyse encourage l'utilisation de matériaux à faible empreinte carbone, comme les matériaux biosourcés, qui stockent du carbone plutôt que d'en émettre.
  • L’énergie consommée durant le chantier : L'impact environnemental du chantier de construction lui-même est désormais évalué, ce qui inclut les consommations d'énergie et les émissions liées à la mise en œuvre des matériaux, ainsi qu'à l'évacuation et au traitement des déchets.
  • Émissions de carbone sur le cycle de vie : L'impact des bâtiments sur le changement climatique est désormais mesuré sur une période de 50 ans, couvrant la phase de construction, l'exploitation, et la fin de vie du bâtiment. Cela permet une évaluation plus précise des émissions totales de CO2 du bâtiment, offrant une perspective complète sur son impact environnemental.

1.3. Nouveaux Indicateurs de Performance

Pour mesurer ces aspects élargis de la performance énergétique et environnementale, la RE2020 introduit plusieurs nouveaux indicateurs :
  • Bbio : Cet indicateur, déjà présent dans la RT2012, est modifié pour inclure systématiquement les besoins en refroidissement, qu'un système de climatisation soit installé ou non. Cela permet de mieux anticiper les besoins énergétiques futurs liés au réchauffement climatique.
  • Cep : Le coefficient de performance énergétique conventionnelle inclut désormais des usages supplémentaires tels que la mobilité interne. De plus, les énergies renouvelables captées sur le site et autoconsommées ne sont pas comptabilisées dans la consommation d’énergie du bâtiment, encourageant ainsi leur utilisation.
  • Cep,nr : Cet indicateur est introduit pour cibler spécifiquement les consommations en énergie primaire non renouvelable. Cela reflète l'objectif de réduire en priorité la dépendance aux énergies fossiles.
  • Icconstruction : Cet indicateur mesure l'impact environnemental des matériaux de construction et des processus utilisés lors de la construction du bâtiment.
  • DH : L'indicateur Degré-Heure (DH) remplace l'indicateur Tic de la RT2012 pour mieux évaluer le confort thermique en été, en prenant en compte les effets du changement climatique.

1.4. Conséquences et Implications

Les ajustements apportés par la RE2020 signifient que les bâtiments neufs devront non seulement consommer moins d'énergie, mais aussi être conçus de manière à minimiser leur impact environnemental global. Ces exigences poussent les professionnels de la construction à repenser leurs méthodes de travail, à privilégier des matériaux à faible impact, et à intégrer dès la conception des solutions permettant de réduire la consommation d'énergie non renouvelable. Ces innovations rendent les bâtiments plus résilients face aux changements climatiques tout en contribuant à l'objectif de neutralité carbone que la France vise pour 2050. En fin de compte, la RE2020 représente une avancée majeure dans la construction de bâtiments plus durables et respectueux de l'environnement.

2-Indicateurs de Performance dans la RE2020

La Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) repose sur plusieurs indicateurs de performance clés qui permettent de mesurer et d’évaluer l'efficacité énergétique et l'impact environnemental des bâtiments neufs. Voici un développement détaillé de ces indicateurs essentiels :

2.1. Bbio (Besoins Bioclimatiques)

L'indicateur Bbio mesure les besoins énergétiques du bâtiment pour assurer le confort thermique et l’éclairage sans prendre en compte les systèmes de chauffage, de refroidissement, ou de production d'eau chaude sanitaire. Il se concentre sur les performances intrinsèques du bâtiment, c’est-à-dire sur sa capacité à maintenir un confort thermique et à limiter les besoins énergétiques grâce à une conception bioclimatique optimale.
  • Objectif : Le Bbio vise à minimiser les besoins énergétiques liés à la conception du bâtiment en optimisant l'isolation, la gestion des apports solaires, et la ventilation naturelle. Il s'agit d'encourager des conceptions architecturales qui réduisent naturellement la dépendance aux systèmes mécaniques.
  • Calcul : Le Bbio est exprimé en points et est calculé en fonction des besoins en chauffage, en refroidissement, et en éclairage. Ces besoins sont estimés à partir de simulations thermiques tenant compte de l'orientation du bâtiment, des caractéristiques des matériaux, de l'étanchéité à l'air, et des apports solaires passifs.

2.2. Cep (Consommation d'Énergie Primaire Totale)

L'indicateur Cep mesure la consommation d'énergie primaire totale du bâtiment pour les usages réglementés, c’est-à-dire le chauffage, le refroidissement, la production d'eau chaude sanitaire, la ventilation, l'éclairage, et les auxiliaires (comme les pompes et ventilateurs). Il inclut également les consommations liées aux équipements tels que les ascenseurs, escalators, et l’éclairage des parkings.
  • Objectif : Réduire la consommation d'énergie en encourageant l'utilisation de systèmes et d'équipements plus efficaces, ainsi que l'intégration d'énergies renouvelables. Le Cep favorise également l’autoconsommation d’énergie renouvelable produite sur place.
  • Calcul : Le Cep est exprimé en kWhep/m².an (kilowattheures d'énergie primaire par mètre carré et par an). Il tient compte de l'efficacité des systèmes installés et de l'usage du bâtiment, avec une pénalisation en cas de surconsommation liée à l'inconfort d'été.

2.3. Cep,nr (Consommation d'Énergie Primaire Non Renouvelable)

L'indicateur Cep,nr est similaire au Cep, mais il se concentre uniquement sur la consommation d’énergie primaire non renouvelable. Cela inclut les énergies fossiles comme le gaz, le fioul, et l'électricité d'origine non renouvelable, tout en excluant les énergies renouvelables telles que le solaire ou la biomasse.
  • Objectif : Réduire l'usage des énergies non renouvelables en favorisant le recours aux énergies renouvelables pour atteindre les objectifs de neutralité carbone fixés pour 2050.
  • Calcul : Comme pour le Cep, le Cep,nr est exprimé en kWhep/m².an. Le calcul de cet indicateur permet d’évaluer la dépendance du bâtiment aux sources d’énergie non renouvelables et d’encourager leur substitution par des énergies plus durables.

2.4. Icconstruction (Impact Carbone de la Construction)

L'indicateur Icconstruction évalue l'impact environnemental lié à la construction du bâtiment, en se basant sur l'Analyse du Cycle de Vie (ACV). Cet indicateur prend en compte les émissions de gaz à effet de serre (GES) associées aux matériaux de construction, aux équipements, ainsi qu’aux activités du chantier (terrassement, utilisation des machines, gestion des déchets, etc.).
  • Objectif : Réduire l'empreinte carbone de la construction en incitant à utiliser des matériaux à faible empreinte carbone (comme les matériaux biosourcés) et en optimisant les processus de construction pour minimiser les émissions de GES.
  • Calcul : L’Icconstruction est exprimé en kgCO2éq/m² (kilogrammes de CO2 équivalent par mètre carré). Il évalue l’ensemble des émissions de GES depuis la production des matériaux jusqu’à la fin de vie du bâtiment, incluant leur transport et leur mise en œuvre sur le chantier.

2.5. DH (Degré-Heure d’Inconfort)

L'indicateur DH mesure le niveau d’inconfort thermique ressenti par les occupants en période de forte chaleur. Il est conçu pour remplacer l’indicateur de température intérieure conventionnelle (Tic) de la RT 2012, jugé insuffisant pour évaluer correctement l’inconfort d’été.
  • Objectif : Garantir un confort thermique optimal pendant les périodes estivales, en anticipant les impacts du changement climatique, tels que l’intensification et la fréquence des vagues de chaleur.
  • Calcul : Le DH est exprimé en °C.h (degré-heure). Il représente la somme des écarts de température entre l’intérieur du bâtiment et la température de confort sur l’ensemble de la saison chaude. Plus le DH est élevé, plus l'inconfort est important. Le seuil maximal réglementaire (DH_max) est fixé pour garantir un confort acceptable, avec une pénalisation sous forme de majoration des consommations d’énergie en cas de dépassement.

3-Évaluation du Cycle de Vie (ACV) dans la RE2020

L’un des aspects les plus innovants et significatifs de la Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) est l'introduction de l'Évaluation du Cycle de Vie (ACV) pour les bâtiments neufs. Cette méthode représente une évolution majeure par rapport aux précédentes réglementations, qui se concentraient principalement sur la performance énergétique durant la phase d’exploitation du bâtiment.

Principe de l'Analyse du Cycle de Vie (ACV)

L'ACV est une méthode d'évaluation qui permet de quantifier les impacts environnementaux d’un bâtiment tout au long de son existence. Elle prend en compte l’ensemble des étapes du cycle de vie du bâtiment, depuis l'extraction des matières premières nécessaires à la production des matériaux de construction jusqu'à la fin de vie du bâtiment, incluant le démantèlement et le traitement des déchets. Les étapes clés incluses dans l’ACV sont :
  1. Production des matériaux : Extraction des matières premières, fabrication des matériaux de construction, transport vers le site de construction.
  2. Construction et chantier : Consommation d'énergie et d'eau sur le chantier, gestion des déchets générés durant la construction.
  3. Exploitation : Consommation d'énergie pour le chauffage, le refroidissement, l’éclairage, la ventilation, l’eau chaude sanitaire, et les auxiliaires nécessaires au fonctionnement du bâtiment.
  4. Fin de vie : Démolition, transport des débris, traitement et élimination des déchets, recyclage potentiel des matériaux.

Indicateurs Environnementaux Utilisés

Pour évaluer les impacts environnementaux tout au long de ce cycle de vie, la RE2020 utilise plusieurs indicateurs clés :
  • Icconstruction : Cet indicateur mesure l'impact environnemental lié aux matériaux de construction, leur transport, et les procédés de construction eux-mêmes. Il intègre également les émissions de gaz à effet de serre associées à ces activités.
  • Icénergie : Ce second indicateur évalue l'impact des consommations d’énergie tout au long de la phase d’exploitation du bâtiment, en prenant en compte les sources d’énergie utilisées, qu'elles soient renouvelables ou non.
  • Icbâtiment : Cet indicateur global rassemble l’impact environnemental cumulé de toutes les contributions (composants, énergie, eau, chantier) pour donner une vision complète de l’empreinte carbone du bâtiment.

Importance de l'ACV dans la Conception des Bâtiments

L’introduction de l’ACV dans la RE2020 vise à encourager une conception plus durable des bâtiments, où l’accent est mis non seulement sur l’efficacité énergétique, mais aussi sur la réduction des impacts environnementaux dès la phase de construction. Cela incite les professionnels du bâtiment à :
  • Choisir des matériaux à faible impact environnemental : Matériaux recyclés, biosourcés, ou ceux qui stockent du carbone (comme le bois).
  • Optimiser les procédés de construction : Réduction de la consommation d’énergie et d’eau sur les chantiers, meilleure gestion des déchets.
  • Anticiper la fin de vie du bâtiment : Conception pour le démontage, réutilisation et recyclage des matériaux, minimisation des déchets non recyclables.

Base de Données INIES

Pour faciliter la mise en œuvre de l'ACV, la RE2020 s’appuie sur la base de données INIES, qui regroupe les données environnementales nécessaires à l'évaluation des impacts des produits et matériaux de construction. Cette base de données est essentielle pour fournir des informations précises et fiables pour les calculs d'ACV, permettant aux professionnels de comparer et de sélectionner les matériaux en fonction de leur impact environnemental.

4-Prise en Compte du Confort d'Été dans la RE2020

La Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) introduit des changements significatifs dans la manière dont le confort d’été est pris en compte dans les bâtiments neufs. Contrairement à la réglementation thermique précédente (RT 2012), qui utilisait l'indicateur Tic (Température intérieure conventionnelle) pour évaluer le confort d’été, la RE2020 introduit un nouvel indicateur appelé DH (Degré-Heure d’inconfort).

1. Remplacement de l'Indicateur Tic par DH

L'indicateur Tic, utilisé dans la RT 2012, mesurait la température maximale atteinte à l'intérieur d'un bâtiment durant une séquence de cinq jours particulièrement chauds en été. Toutefois, les retours d'expérience ont montré que cet indicateur ne corrélait pas suffisamment avec l'inconfort ressenti par les occupants. En d’autres termes, le Tic ne reflétait pas toujours fidèlement les conditions réelles de confort thermique dans un bâtiment, surtout pendant les vagues de chaleur prolongées. Pour remédier à cette limitation, la RE2020 a introduit l’indicateur DH, qui mesure le degré d’inconfort thermique ressenti par les occupants tout au long de la saison chaude. L’indicateur DH est exprimé en degré-heure (°C.h), ce qui permet de quantifier l’inconfort accumulé sur l'ensemble de la période estivale.

2. Calcul de l'Indicateur DH

Le DH est calculé comme la somme des écarts entre la température intérieure du bâtiment et une température de confort prédéfinie, sur l'ensemble des heures chaudes de la journée et de la nuit. La température de confort varie généralement entre 26°C et 28°C, en fonction des températures extérieures. Chaque heure où la température intérieure dépasse cette température de confort contribue à augmenter le total des degré-heures d’inconfort. Ainsi, un bâtiment où la température intérieure dépasse fréquemment le seuil de confort accumulera un DH élevé, indiquant un inconfort thermique important pour les occupants.

3. Prise en Compte des Scénarios Climatiques Futurs

La méthode de calcul du DH intègre également des scénarios météorologiques futurs, prenant en compte les effets du changement climatique. Cela inclut l’insertion de séquences caniculaires dans les fichiers météorologiques conventionnels utilisés pour les simulations. Ces ajustements sont essentiels car ils permettent de mieux anticiper et de planifier les performances des bâtiments face aux vagues de chaleur, qui devraient devenir plus fréquentes, intenses, et prolongées dans les années à venir.

4. Seuils d'Inconfort et Pénalités

La RE2020 définit deux seuils de l'indicateur DH pour évaluer le confort d’été :
  • Seuil Bas : Si le DH est inférieur à 350 °C.h, le bâtiment est jugé confortable même en période de canicule.
  • Seuil Haut (DH_max) : Si le DH dépasse un certain seuil (fixé en fonction des caractéristiques du bâtiment et de son environnement), le bâtiment est considéré comme non conforme aux exigences de la RE2020.
Entre ces deux seuils, le bâtiment est conforme, mais pour encourager l'atteinte du seuil bas, une pénalité sous forme de forfait de refroidissement est ajoutée à la consommation énergétique totale du bâtiment (Cep). Cette pénalité vise à dissuader les conceptions qui ne parviennent pas à maintenir un confort d’été adéquat sans recourir excessivement à des systèmes de climatisation.

5. Impact sur la Conception des Bâtiments

L’introduction du DH comme indicateur clé pour le confort d’été dans la RE2020 a des implications importantes sur la conception des bâtiments. Les concepteurs doivent désormais prendre en compte une variété de stratégies pour limiter l'inconfort thermique :
  • Optimisation de l'orientation et de l'inertie thermique : Maximiser les gains solaires en hiver tout en minimisant les surchauffes estivales.
  • Usage de matériaux et systèmes passifs : Par exemple, des protections solaires efficaces, une isolation thermique renforcée, et une ventilation naturelle adéquate pour limiter l’accumulation de chaleur.
  • Incorporation des espaces végétalisés : Ces espaces peuvent aider à réduire la température ambiante autour des bâtiments et améliorer le confort d’été.

5-Modulation des Exigences dans la RE2020

La Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) introduit une approche détaillée pour la modulation des exigences de performance énergétique et environnementale. Cette modulation est essentielle pour adapter les exigences en fonction des caractéristiques spécifiques de chaque projet de construction. Voici un développement approfondi sur les différents aspects de cette modulation :

1. Modulation Géographique (Mcgéo)

  • Principe : La modulation géographique ajuste les exigences en fonction de la localisation géographique du bâtiment. Cette modulation tient compte des différences climatiques à travers la France, en particulier les zones de montagne ou de bord de mer qui peuvent présenter des défis spécifiques en termes de chauffage ou de refroidissement.
  • Impact : Par exemple, un bâtiment situé dans une région montagneuse pourrait avoir des exigences de performance énergétique moins strictes pour le chauffage, étant donné les conditions climatiques plus rigoureuses.

2. Modulation Selon la Surface Moyenne des Logements (Mcsurf_moy)

  • Principe : Cette modulation vise à équilibrer les exigences entre les petits et grands logements au sein d’un même bâtiment. Un petit logement, par exemple, pourrait avoir des exigences de performance énergétique différentes par rapport à un grand logement en raison de leur taille respective et de l’impact sur la consommation énergétique.
  • Impact : Les petits logements dans un bâtiment collectif peuvent être favorisés par une modulation qui reconnaît leur moindre impact en termes de consommation énergétique globale par rapport aux grands logements.

3. Modulation Selon la Surface Totale du Bâtiment (Mcsurf_tot)

  • Principe : Cette modulation s'applique particulièrement aux bâtiments collectifs et ajuste les exigences en fonction de la surface totale du bâtiment. Elle prend en compte les défis spécifiques liés aux grandes constructions, telles que la gestion des parties communes et des équipements collectifs.
  • Impact : Les grands bâtiments collectifs peuvent bénéficier d’une modulation qui prend en compte l’impact proportionnellement moindre des espaces communs par rapport aux logements individuels, ce qui peut adoucir certaines exigences énergétiques.

4. Modulation Selon la Présence de Combles Aménagés (Mccombles)

  • Principe : Cette modulation prend en compte la présence de combles aménagés dans le bâtiment. Les combles, souvent moins bien isolés et d’une hauteur sous plafond inférieure à 1,80 mètre, peuvent nécessiter des ajustements dans les exigences pour ne pas pénaliser le reste du bâtiment.
  • Impact : La modulation permet d’ajuster les exigences de performance énergétique pour ces espaces spécifiques, évitant ainsi que les combles n’imposent des contraintes démesurées sur l’ensemble du bâtiment.

5. Modulation Selon la Catégorie de Contrainte Extérieure (Mccat)

  • Principe : La RE2020 prévoit une modulation pour les bâtiments soumis à des contraintes extérieures significatives, telles que l’exposition au bruit (BR2 ou BR3) ou la nécessité d’installer une climatisation dans certaines zones climatiques (comme le pourtour méditerranéen).
  • Impact : Les bâtiments exposés à des nuisances sonores qui limitent la ventilation naturelle par ouverture des fenêtres, ou ceux situés dans des régions où la climatisation est presque indispensable, verront leurs exigences modulées pour tenir compte de ces contraintes extérieures.

6. Modulation pour l'Utilisation des Données Environnementales Par Défaut (Mided)

  • Principe : Lorsque les données spécifiques ne sont pas disponibles, la RE2020 permet l’utilisation de données par défaut, mais avec une modulation qui ajuste les exigences pour compenser le manque de précision de ces données.
  • Impact : Cette modulation est particulièrement importante pour les projets complexes ou innovants où les données spécifiques sur les matériaux ou les techniques ne sont pas encore entièrement documentées. Elle permet une certaine flexibilité tout en encourageant la précision dans les évaluations environnementales.

Pour plus d'informations, consulter notre PDF en ligne

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